Cela ne vous aura pas échappé, l’industrie de la musique enregistrée connaît une révolution phénoménale depuis le début des années 2000. Les acteurs évoluent, les comportements et les habitudes d’achat aussi. Le Peer to Peer, Apple,  Youtube, Spotify, Deezer pour n’en citer que quelques-uns : autant d’acteurs qui ont changé la donne. Les ventes de supports physiques continuent chaque année leur baisse, et même si les ventes digitales ne les ont pas encore dépassées, artistes, producteurs et labels ont adopté depuis quelques années de nouveaux outils marketing pour promouvoir leurs œuvres. Parmi eux, la « Lyric Video », qui consiste à produire une vidéo simplement à base des paroles d’une chanson.

Voici 10 raisons de faire une « lyric video ».

1-     Tester le morceau

1-Un vidéo clip, ça coûte cher… Alors avant d’engager de grosses dépenses en production, ça vaut le coup de savoir si le morceau plaît au public ou non. Vous serez vite fixés. La musique non plus n’échappe pas au « snacking ». Si votre lyric video ne dépasse pas les 50 000 vues en un mois, pas la peine d’engager un clip…

2-     Coûts de production faibles

2-Car oui, faire une vidéo avec des paroles, ça ne coûte pas très cher. Vraiment pas. Quelques belles photos. Un choix de typo. Et hop l’affaire est réglée, parfois, on dirait une jolie présentation power point, comme cette lyric video d’Alanis Morissette.

Et 4 mois plus tard, nous avons droit au « vrai » video clip

3-     Aller chercher l’audience sur Youtube
Observez un adolescent pendant un week-end et vous aurez rapidement une vision de sa plateforme préférée pour écouter de la musique. Youtube. Universal, Sony et EMI ne s’y sont pas trompés en créant Vevo en décembre 2009 en partenariat avec Youtube. L’année dernière, Vevo a totalisé 40 milliards de vidéos vues

Une nouvelle chanson qui plaît vient de sortir, c’est en priorité sur Youtube que les digital natives iront l’écouter…

Ainsi au moment même où j’écris ces lignes (11 octobre 2012) sort le nouveau « single » des Rolling Stones.  Pas disponible sur Deezer, ni sur Spotify. En revanche, bien évidemment présent sur itunes (à l’achat) et sur Youtube avec… une lyric video…

4-     Augmenter la monétisation

Chaque vidéo vue peut rapporter de l’argent. Surtout quand on est connu… Car la notoriété que l’on s’est acharné à construire paye enfin. Pour un artiste et son label, il est absolument inenvisageable de se passer du moindre centime de revenu. La lyric video sur Youtube est donc un excellent moyen de générer des vidéos vues sur une plateforme qui vend de la publicité et de récupérer un pourcentage. Ce serait quand même embêtant que des personnes mal intentionnées mettent vos morceaux en ligne et récupèrent les fruits de la pub…

5-     Ne pas laisser les fans faire n’importe quoi

Les internautes peuvent aussi être bien intentionnés. Si. Les fans par exemple. Dans ce cas-là, avoir votre « lyric video officielle » permettra à vos fans de ne pas tomber sur le contenu de certains de vos fans. Qui pensent bien faire. Je me comprends.

Ainsi cette vidéo de GermanGirly013, en plus d’être faiblement intéressante, a généré 53 millions de vues. Que les ayant-droits de Whitney Houston auraient pu récupérer avec une bonne lyric video.

Mais voilà le genre de vidéos que je préfère dans cette catégorie :

6-     Le référencement

Oui il existe des gens qui tapent « lyrics call me maybe » dans google. Il existe même des gens qui tapent « here’s my number so call me maybe ». Dans ces deux cas, il est intéressant de satisfaire ces requêtes avec un contenu maîtrisé.

 

7-     Remplacer les livrets

« N’oubliez pas les paroles », c’est sur France 2 et c’est présenté par Nagui. En revanche, avec la disparition progressive du disque comme objet physique disparait aussi le livret. Les textes, mais aussi les auteurs, les producteurs, les musiciens, les studios et les remerciements –j’adorais les remerciements à la fin d’un livret-.

S’il faut désormais se diriger vers des sites spécialisés (http://www.allmusic.com par exemple) pour quelques rares informations « professionnelles », la lyric video est quant à elle un très bon moyen d’exposer les auditeurs aux textes des chansons.

8-     Renforcer le lien à l’œuvre

Les paroles dans les disques vinyles et dans les compact disc avaient un autre avantage : elles permettaient de s’imprégner des œuvres. D’apprendre. De les réciter par cœur, facilitant leur imprégnation dans la mémoire collective et le passage à la postérité. On ne connaît plus les chansons par cœur. Et ce n’est pas une question de génération. On arrive tout juste à mémoriser un refrain facile, un bout de mélodie qu’un top-liner  aura mécaniquement pondu dans un studio. « Under my umbrella ahah ahah ahah ».

9-     Se Préparer aux contenus enrichis

A l’instar des œuvres de Björk (un album en application iPad), Arcade Fire (clips expérimentaux) ou de la récente initiative de The XX , les œuvres de demain risquent fortement d’être interactives. Incluant paroles, partitions, jeux, animations multiples, vidéo etc… S’entraîner dès aujourd’hui à maîtriser la lyric video et ses canaux de diffusion équivaut donc à se positionner sur une courbe d’apprentissage pour les formats d’avenir.

10-  Et pourquoi pas, se montrer créatif ?

Comme Orelsan qui, avec «Suicide Social», mixe le clip officiel et la lyric video de fort belle manière.

Ou comme Katy Perry qui s’inspire de la Timeline Facebook pour sa dernière lyric video

Ou encore Maroon 5 qui fait appel à la bande dessinée

A voir aussi :

* La vidéo considérée comme la première « lyric video » : Cee Lo Green : Fuck you

* La video lyric qui est peut-être la première en fait mais qui n’a pas fait exprès : George Michael – Praying for time

 

Alors, prêts à faire des millions de vues ?

 

Laurent Guérin
Business Development Manager
Suivre Laurent sur Twitter : http://www.twitter.com/laurentg

Partagez cet article Exprimez-vous
Vous aimerez aussi